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 Méthanisation : le projet contesté
 le 06.05.2014 à 21 h 31 - mis à jour le 07.05.2014 à 11 h 57 Réagir : Partager :        
 

Porté par un groupe d’exploitants agricoles, un projet d’usine de méthanisation à la Torche, sur la commune de Plomeur, est actuellement en cours d’instruction : la demande de permis de construire a été enregistrée le 11 mars 2014 par la mairie de Plomeur et concerne un terrain de 87 725 m2 au lieu-dit Kerveret à La Torche.

Ce projet d'usine de méthanisation est porté par la SAS Agri Méthaniers Bigoudens (AMB). Il prévoit la création de deux usines : la première à la Torche, l'autre à Plonéour-Lanvern. Le projet de Plonéour est pour l'instant à l'état de réflexion, alors que celui de Plomeur est entré dans une phase plus concrète avec le dépôt du permis de construire. C’est en 2010 que plusieurs exploitants agricoles s'étaient regroupés en association pour rechercher une meilleure valorisation de leurs déchets.

Mais ce projet d’usine de méthanisation à la Torche rencontre son lot de mécontents : depuis le 28 avril dernier, une pétition contre ce projet circule sur internet. Lancée par le Camping de La Torche - Les Nids de Kerharo Rando Accueil - Mouezh an Douar - Baie de Douarnenez Environnement - Ouest Cornouaille Environnement - avec le soutien d'Eau et Rivières de Bretagne, la pétition recueille déjà plus de 300 signataires (au 06/05/2014).

Les opposants regrettent "que le site de La Torche, spot mondial de surf, soit une fois de plus la poubelle du Pays Bigouden. Les usines de traitement des déchets de Lezinadou et les pesticides de la bulbiculture et du maraîchage suffisent."
Pour les détracteurs, "cette usine de gaz au coeur d'une zone humide constituerait une atteinte à la santé publique, une menace pour l'eau, la terre, l'air et la mer. Elle induirait une augmentation des nuisances olfactives et sonores, une atteinte paysagère, une augmentation de l'insécurité routière et la perte de valeurs patrimoniales. (Pour être rentable, une telle usine doit tourner en permanence et traiter toutes sortes de déchets à production gazeuse (déchets de fosses septiques, de boues de traitement, d'usines agroalimentaires et d'abattages et déchets verts sans oublier les lisiers divers et variés). Le but annoncé est de chauffer des serres agricoles, revendre de l'électricité à EDF et épandre le digestat produit (donc rejets azotés) dans les champs alentour.)"

Denis Hémon, président de l'AMB, regrette aujourd'hui que la pétition qui circule ne corresponde pas à la réalité : sur le terrain de 87000m², seulement 8000m2 seront utilisés pour l'usine et les produits utilisés seront exclusivement d'origines agricoles tient à préciser l'exploitant agricole de St Jean Trolimon en complétant qu' « ils seront issus principalement de 4 exploitations ». Les porteurs de projet espèrent aussi compléter les apports par des tontes de pelouses collectées par la Communauté de communes du pays bigouden sud. L'intercommunalité, contactée ce jour, y est pourtant défavorable : premièrement parce que les taille de haies et la tonte de pelouses ne sont pas dissociées ; deuxièmement parce que l'usine de Lézinadou utilise ces déchets dans son processus.

On reconnaît que la Torche est un site sensible, mais d'autres propositions (à côté du site industriel de Lézinadou, à côté de Saint Yvi à Pont-l'Abbé notamment) ont toutes été refusées par la Communauté de communes du pays bigouden sud (CCPBS) déplore encore Denis Hémon. « Dans ces conditions », poursuit encore le responsable, « nous avons fait le choix de nous implanter à proximité d'un partenaire ». De son côté, la CCPBS n'a pas de souvenirs concernant Saint Yvi. Pour ce qui concerne une implantation à Lézinadou, Claire Le Gal, directrice adjointe des services, précise qu'il n'y a pas de fonciers disponibles pour un tel projet aux abords de Lézinadou.

La future usine, qui produira de l'eau chaude à partir du gaz issu de la méthanisation, fournira, en eau chaude donc, via une canalisation de 400 mètres, les établissements Kandoorp pour le séchage des bulbes et les cultures sous serres.

Ce projet de 1,9 millions d'euros est un projet de territoire argumente encore l'exploitant : « dans la campagne municipale, on a beaucoup entendu parler d'emploi. Il y a encore des forces en mouvement en pays bigouden, notamment dans l'agriculture, il est temps de les accompagner dans leur démarche pour préserver les emplois ».

Enfin sur le volet sécurité, le président de l'AMB avoue que le risque zéro n'existe pas. « On travaille avec un bureau d'étude qui a déjà monté plusieurs stations de ce type. Et puis il y a des règles européennes et françaises à respecter, toutes les mesures de sécurité seront prises » assure Denis Hémon.
Par ailleurs, ce dossier ne prétend pas à une enquête publique.L’usine devrait fonctionner avec 28 tonnes d’apports par jour et l’enquête publique n’est pas nécessaire au dessous d’un seuil de 30 tonnes.

Nous avons proposé à Denis Hémon un débat télévisé sur ce dossier sensible. En attendant, l'instruction du dossier suit son cours auprès des services de l'Etat.

Légende :
Photos d'archives.

 
 le 06.05.2014 à 21 h 31 - mis à jour le 07.05.2014 à 11 h 57 Réagir : Partager :        
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