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 Retour en Algérie. Une plaie à pa(e)nser.
 le 13.11.2014 à 22 h 36 - mis à jour le 13.11.2014 à 22 h 44 Réagir : Partager :        
 

La salle polyvalente de Plomeur était presque trop petite pour faire face à l'afflux de personnes venues assister, ce dimanche 9 novembre en fin d'après-midi, à la projection du documentaire d'Emmanuel Audrain,  intitulé Retour en Algérie.  Ils étaient ainsi une bonne centaine, en grande majorité des anciens, dont de nombreux adhérents de la Fnaca (Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc et Tunisie), à avoir répondu à l'invitation de l'association Lire à Plomeur qui, dans le cadre du Mois du film documentaire, avait donc choisi de programmer ce film en présence de son réalisateur. Marie Cariou, présidente de Lire à Plomeur, se réjouissait en début de séance de voir le public si fidèlement présent, comme chaque année depuis 11 ans de participation à cet événement culturel. De son côté, Emmanuel Audrain croisait et saluait des connaissances, n'étant pas, loin s'en faut, un inconnu en pays bigouden. En effet, le réalisateur - qui vient d'une famille intimement liée au monde maritime - est déjà venu présenter un de ses moyens métrages au Guilvinec en 2010, ayant trait à la sensibilisation des marins au bon usage des Vêtements à flottabilité intégrée (VFI).

Mais ce dimanche à Plomeur, il ne s'agissait pas du thème de la mer, mais d'un autre univers du réalisateur, celui consacré au recueil du récit de sept hommes. Des hommes, ayant fait leurs services militaires en Algérie, entre 1954 et 1962, en pleine guerre. Plus de 50 ans après, ces hommes, devenus pères et grand-pères, restent profondément traumatisés par leur vécu. Et ils se sont retrouvés au sein d'une association, intitulée 4ACG ou Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre,  dont la présidente d'honneur est Simone de Bollardière, qui est la veuve de ce général, qui s'est démarqué de sa famille militaire, en dénonçant la torture en Algérie.  Ces retrouvailles au sein de cette association a permis à ces anciens appelés, d'une part de parler et ainsi de se libérer, d'autre part d'aller à la rencontre d'élèves dans les établissements scolaires pour témoigner et transmettre, et enfin de reverser leur pension de guerre à des associations locales, en Algérie et en Palestine, pour la scolarisation des enfants, notamment.

Si Emmanuel Audrain a pris d'infinies précautions pour présenter son film en début de séance, le débat à la suite de la projection - qui s'est déroulée dans un silence concentré - a néanmoins été vif, voire passionnel. Et ce sont essentiellement les anciens combattants de la Fnaca qui sont montés au créneau pour dénoncer un film 'de propagande au profit d'une association' qui ne fait que 'juger et accabler l'armée française' coupable de tortures en Algérie, sans prendre en compte 'l'action sociale éducative menée par les troupes françaises auprès de la population locale.'  'Nous avons aidé les femmes et les enfants en Algérie' ont lancé certains, pendant que d'autres, à l'image d'Yves Le Bec, président de la Fnaca du pays bigouden, dénonçaient un film de parti pris, qui ne parlait en rien des 'exactions du FLN (Front de Libération Nationale)'. Un homme se lévera pour tonner : 'Je n'ai pas du sang algérien sur les mains, mais le sang de mes camarades, morts sous mes yeux. Votre film est un affront aux partisans.'
De son côté, Emmanuel Audrain tentera, avec calme et un souci de pédagogie, de replacer son documentaire dans son contexte, mettant en avant l'action humanitaire entreprise aujourd'hui par ces hommes qu'il a filmés. Des hommes qui, aujourd'hui, sont capables, certes encore la gorge nouée et la voix enrouée, de parler de leur vécu, de faire face à leur passé - qui n'est pas forcément celui de tous les combattants - et de transmettre, aux plus jeunes citoyens, leurs questionnements face à cette guerre.

Au final, l'intérêt de ce film - majeur de part le questionnement qu'il entraîne chez le spectacteur -  est certainement là : que faire de son passé, si ce n'est tenter de transmettre son expérience aux plus jeunes, avec calme et pondération, et en cherchant à engager une réflexion commune. Pour l'avenir. Pour aider les adultes de demain à faire leurs choix. 

A ce sujet, justement : un regret. L'absence de jeunes gens dans la salle. Si les têtes grises et blanches étaient largement représentées, où étaient, en effet, les plus jeunes des citoyens ? Car finalement, ce film documentaire s'adresse d'abord à eux, à cette génération qui, adulte, devra peut-être un jour faire des choix, comme il y a 50, 70 ou 100 ans en ont fait leurs aînés. 

 

 

 
 le 13.11.2014 à 22 h 36 - mis à jour le 13.11.2014 à 22 h 44 Réagir : Partager :        
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