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 Pêche : y a-t-il pénurie de main-d'oeuvre ?
 le 20.01.2015 à 22 h 46 Réagir : Partager :        
 

Alors que le chômage est au plus haut en pays bigouden, comme dans le reste de l'hexagone, la pêche, secteur phare de l'économie bigoudène, est confrontée à un problème de main-d'oeuvre. C’est tout au moins le constat fait par Pierrick Joncour, vice-président de la CCI en charge des ports, le 15 janvier dernier : « il manque des patrons, des marins, des mécaniciens. Or il faut bien trouver des équipages qualifiés pour aller en mer ».

Tour d'horizon dans le quartier maritime du Guilvinec : « on aimerait bien disposer d'un gars en plus mais on n'en trouve pas » déplore un des nombreux artisans du quartier maritime du Guilvinec. Face à ce même constat, certains armements font désormais appel à de la main-d’œuvre étrangère. C’est le cas de Hent Ar Bugale qui emploie quatre marins portugais. « Une piste comme une autre pour combler le manque de marins sur le segment de la pêche au large » rapporte Denis Sénéchal, membre de l’armement loctudiste.
Par contre, du côté de l’armement bigouden, « on ne se sent pas particulièrement touché, on a une stabilité de nos équipages du fait de notre politique sociale » explique Soazig Le Gall, directrice de l’armement basé au Guilvinec. Cette dernière précise qu’avec « des bons patrons et des bateaux en état », les marins sont là.

« Les difficultés pour recruter sont les mêmes qu'il y a quinze ans » estime, quant à lui, Olivier Sellin, capitaine d'armement chez La Houle à Saint Guénolé. Il regrette néanmoins qu'aujourd'hui les marins soient moins polyvalents et que les compétences soient plus difficiles à trouver. Sur ses navires, l'armement la Houle fait travailler entre 10 et 15% d'étrangers, principalement des marins portugais et sénégalais, « des gens qui veulent travailler ».
Armateur à Saint-Guénolé, Pierrick Joncour regrette qu'il n'y ait « pas plus de jeunes à sortir de l'école de pêche » d'autant que selon lui, « on y gagne bien sa vie ». Ce que confirme Denis Sénéchal : un matelot de Hent Ar Bugale gagnerait « 2 à 3 fois moins en travaillant à terre ».

Interrogé, Philippe Bothorel, directeur du lycée maritime se défend. « Ce n'est pas le lycée qui est en cause, mais les entreprises qui n'accueillent pas bien ». « Le principal détracteur du métier, c'est souvent le professionnel lui-même » pense aussi Denis Sénéchal. « La profession doit faire un effort d'accueil et de fidélisation » suggère Phillipe Bothorel qui précise que « 80% des élèves qui sortent du lycée maritime occupent un emploi de marins 5 ans après leur sortie ». Mais « beaucoup partent à l'offshore, à la marine marchande » regrette Pierrick Joncour et « on ne voit pas grand monde venir à la pêche ». « On ne peut pas obliger les jeunes à se diriger vers la pêche » constate aussi Philippe Bothorel.
Ce dernier souligne aussi qu'il y a moins de Bigoudens que de Brestois dans ses effectifs, les Bigoudens représentant moins de 20% des 80 élèves qui quittent chaque année un des cursus proposés par le lycée (matelot, mécanicien, patron).

Pierrick Joncour constate encore que « malgré la perte de nombreux bateaux, ce n'est pas pour cela qu'il n'y a plus de marins disponibles ». Le quartier maritime du Guilvinec a perdu un tiers de ses effectifs en 8 ans. Le nombre de marins est passé de 1 150 en 2005 à 772 en 2013.

« Il ne faut pas noircir le tableau » analyse Denis Sénéchal, « on a quand même des jeunes qui s'intéressent à leur métier ». Pour ceux-là, le membre Hent Ar Bugale, voit en la formation continue «un bon moyen d’apprentissage ». Même son de cloche du côté de l’armement bigouden : « le plus important c’est la formation continue ».
Enfin pour le directeur du Lycée maritime du Guilvinec, « il faut arrêter de discréditer la profession, mais davantage porter un message positif sur le métier et les produits » afin d’inciter les jeunes à se tourner vers le métier de marin pêcheur. 

 

 
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