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 De la fête des biniou au Mondial'Folk !
 le 08.03.2015 à 23 h 08 - mis à jour le 09.03.2015 à 13 h 37 Réagir : Partager :        
 

Leurs cheveux ont un peu blanchi, certes, mais l'enthousiasme est intact. Comme au début, quand ils "ont mis le doigt dedans", un peu comme les enfants, quand ils goûtent le pot de confiture rangé tout en haut du placard... Mais, quand est-ce que toute cette aventure a commencé ? "C'est pas bien compliqué, à nous deux, dans la même association, on comptabilise 90 années de bénévolat." On remonte le temps : retour aux années 70....ah, quand même ! Et ils sont toujours là, le sourire au lèvres, l'oeil malicieux, et pas peu fiers de parler de cette association qu'ils portent, avec d'autres, depuis tant d'années et dont l'éloge n'est plus à faire. Bienvenue à Plozévet pour parler du Mondial'Folk avec Pierrot Bosser et Rémy Strullu !

90 ans de bénévolat à vous deux et dans la même association...
Rémy Strullu : Oui, c'est ça. On fonctionne un peu comme un vieux couple (rire..) Le bénévolat, ça a modifié totalement notre vie. La vie a vraiment changé. J'aurais pu vivre autrement...Mais, cet engagement, ça nous a évité d'avoir des oeillères.
Pierrot Bosser : Le festival, ça ouvre les yeux. On est beaucoup plus attentif à l'actualité et on a tendance à toujours vouloir défendre le petit. Et puis, on apprend aussi (Rires). Moi, à l'école, j'étais le dernier en géographie. Mais le premier en philo et en maths. Bon, aujourd'hui, je pense qu'en géo, je serai bien meilleur (rires)...

Revenons en arrière. Quand est-ce que cette aventure du Mondial'Folk a commencé?
Rémy Strullu : Eh bien comme dans tous les villages français, il y a le comité des fêtes. A Plozévet, le comité organisait des animations. Et un beau jour, le président de l'époque, Jacky Guéguen, a eu l'idée d'honorer nos sonneurs, en créant une fête des binious. La première s'est tenue en 1974, avec des groupes d'excellente qualité. Pour un village qui n'avait pas connu ça, c'était un événement ! 
Pierrot Bosser : après Jacky Guéguen, c'est Rémy qui est devenu président du comité de fêtes, en 1976. 
Rémy Strullu : Oui, c'est ça. Et nous avons été sollicités par des groupes folkloriques internationaux assez rapidement; Bon, il n'y avait pas encore internet (sourire). Ca se faisait par courrier. Mais, au début, on a dit : non, non, on a une fête bretonne, restons comme ça. Et puis, au début des années 80, on a invité le cercle et le bagad d'Auray. Et aussi un groupe polonais. Et l'année d'après, en 1982, deux autres groupes internationaux. Et en 1983, on a franchi le pas pour devenir le festival international de folklore, avec des groupes venus ensuite de Turquie, de Tahiti, de Yougoslavie à l'époque, d'Ukraine et même d'URSS...(sourire) Après, c'est Pierrot qui a pris la présidence.
Pierrot Bosser : Et c'est en 1997, que le festival s'est appelé Mondial'Folk. Je me souviens, on avait invité Matmatah (groupe de rock et de folk brestois qui sortait, justement en 1997, son premier single, ndlr) ! Et puis, ensuite, en 2002, on a changé de date pour le festival,  on est passé du mois de juillet au mois d'août. On a hésité..Mais, en juillet, on était coincé entre Les Brodeuses et le festival de Cornouaille. A la fin août (troisième semaine, ndlr) il n'y avait rien....Donc, on s'est mis là ! (sourire)
Rémy Strullu : Ce que l'on peut dire aussi, c'est que l'arrivée des groupes étrangers, ça a fait évoluer la musique, les costumes et les chorégraphies des groupes bretons ! Les groupes bretons ont commencé à sourire en voyant les autres, les groupes étrangers sourire. Finalement, on a tous à apprendre des uns et des autres. C'est ça aussi l'amitié entre les peuples...

Et combien de personnes font vivre aujourd'hui une telle association ?
Pierrot Bosser : Actuellement, il y a 250 personnes qui interviennent bénévolement pendant toute la durée du festival. Et il y en a qui apprennent le russe ! Pour pouvoir communiquer ! D'autres parlent anglais, ce qui est aussi très important. Mais, en amont, il a aussi beaucoup de travail, toute l'année. Il y a un conseil d'administration de 27 personnes aujourd'hui, autour du nouveau président, Jérôme Le Coutaller et quatre vice-présidents : Rémy s'occupe de la logistique (hébergements, restauration, ...ndlr), Hervé Bréhonnet de l'hébergement et du festival "off", Michel Pichereau de la billetterie et moi des groupes internationaux et de la communication. (Silence..) Mais, ce qu'il faudrait aussi maintenant, c'est trouver des jeunes. Des jeunes qui prennent la relève....

Le prochain Mondial'Folk se déroulera du 14 au 19 août prochains, avec le groupe corse I Muvrini à l'affiche. Et quels groupes étrangers seront invités ?
Pierrot Bosser : Ah ! A chaque fois, c'est une histoire de rencontre...Pour cette année, nous invitons un groupe du Togo. C'est un chanteur de Quimper, Roland Gourlaouen qui a vu ce groupe et qui l'a trouvé extraordinaire. Je suis entré en contact avec eux. Le directeur de la troupe s'appelle Simon. Quand je l'appelle, il y a plein de gens qui viennent au téléphone et qui se mettent à chanter ! Tellement qu'ils sont heureux de venir ici ! En tout, ils sont 16 personnes dans cette troupe. Mais tout n'est pas facile dans l'organisation : il y a, entre autres, la question des visas, une tournée à préparer car on ne peut pas faire venir un groupe pour un seul festival ! L'idée est qu'ils puissent tourner pendant deux mois en France. Et puis, pour ce groupe spécifiquement, il y a des bagages un peu inhabituels pour la France (sourire). Des tam-tam hors dimensions, des échasses de 4 mètres 50 de haut ! Il va falloir faire venir le matériel avant, par fret !
Et puis, il y aura aussi le groupe des enfants tsiganes slovaques. Ils sont déjà venus en 2005 et le public pleurait, les gamins pleuraient aussi. Ces enfants passaient de leur bidonville aux festivals français et même à l'Olympia ! 
Et il y aura d'autres groupes, venant de l'Indonésie, du Pérou ou encore de la Martinique.

Et qui vient voir le Mondial'Folk? Quel est votre public ?
Pierrot Bosser : Il ya des gens qui viennent de très loin, d'une année sur l'autre. Ce sont les habitués du festival qui s'intéressent à l'histoire des groupes, à l'aspect géopolitique. Il y a aussi les gens de Douarnenez, du pays bigouden et plus largement de Cornouaille. La salle est pleine en général et on refuse du monde. Et il y a des moments d'émotions très forts... Je me souviens, l'an passé, l'Ukraine et la Russie, ensemble, sur scène. C'était très très fort. Et même si on ne comprend pas leur langue, le langage international, c'est le sourire... 
 
Et dans tout ça, si vous deviez ne retenir qu'un seul événement, une seule anecdote ?
Pierrot Bosser : un seul événement ? Oh lala....Il y en a tellement...
Rémy Strullu : Alors là.... (silence) Ah si, ! Les Russes ! Les Russes au collège ! Tu te souviens Pierrot ? Les Russes étaient hébergés au premier étage, au collège. Bon, ils avaient démonté les toilettes pour ...faire comme chez eux. Ben, ça a fait siphon ! Et tout a traversé ! Le problème, c'est que juste en dessous, on était en train de préparer les tables pour le déjeuner ! Il était 10h00. On n'était pas dans la mer... c'est le cas de le dire.... On a réussi à tout remettre en état mais bon...Bon, enfin, après on en rigole....(rires)
Pierrot Bosser : Et l'ambassadeur ! C'était il y a trois ans. L'ambassadeur de Taïwan qui était venu avec son épouse. Il était hébergé à l'hôtel. Je devais le guider pour venir à une réception à la mairie. Lui, dans sa voiture Mercedes, immaculé. Moi, dans la mienne, pleine de boue....Bref, on arrive à la mairie et je lui demande avant d'entrer : Comment est-ce que je dois vous appeler ? Monsieur ? Mon Excellence ? Et l'ambassadeur me répond : Appelle-moi Michel : Alors moi je lui ai dit : "Ben, appelle-moi Pierrot !"

Et puis attends, tu te souviens de la fois où ..... Mais si, Pierrot, tu sais bien .....

On aurait pu passer la journée à refaire le monde du Mondial'Folk, les petites histoires dans les grands moments, les tensions et les imprévus, les doutes et les petits ratés....Reste le plus important : la bienveillance de ce "vieux couple" et sa volonté, inébranlable, à accueillir, encore et encore, l'étranger, l'ami, le voisin dans un petit village du haut pays bigouden, pour chanter, danser et sourire...Et pour ça, chapeau bas, Messieurs.  

Pour aller plus loin :
Le site internet du Mondial'Folk en cliquant ici. 

 
 le 08.03.2015 à 23 h 08 - mis à jour le 09.03.2015 à 13 h 37 Réagir : Partager :        
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