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 « Tout cela est inquiétant pour l’avenir. »
 le 22.02.2016 à 21 h 05 Réagir : Partager :        
 

Mercredi 24 février, le dossier du groupe U - qui envisage l’implantation d’une grande surface de 3 500 m², d’un drive de 225m² et d’un commerce de 500m² sur la zone de Kerganet en Plonéour-Lanvern  - sera examiné en Commission Départementale d’Aménagement Commercial (CDAC). L’occasion de faire le point avec Serge Guilloux, président des commerces de Pont-l’Abbé et Roger Gloaguen, président du Groupement des Artisans et Commerçants de l’Ouest Cornouaille(GACCO). (Photo ci-contre(de gauche à droite) Roger Gloaguen et Serge Guilloux)

Les deux hommes font tout d’abord état de leur « déception concernant certains élus de Plonéour-Lanvern, dont Jean-François Le Bleis », artisan boulanger. Ce dernier devrait représenter la mairie de Plonéour-Lanvern mercredi en CDAC et porter un avis favorable au projet porté par le groupe U. « Quelqu'un qui a fait partie de notre maison des artisans et qui va voter pour la grande distribution au détriment de ses collègues artisans, cela parait un peu invraisemblable » déplore Serge Guilloux, lui aussi artisan boulanger, à Pont-l’Abbé. 
« Les artisans qui travaillent dans l’alimentaire sur le pays bigouden ne comprennent pas cet agissement » affirme de son côté Roger Gloaguen.

De son côté, Michel Canévet, sénateur-maire de Plonéour-Lanvern n’est pas non plus épargné par les deux représentants des commerçants et artisans. « C’est lui qui a ouvert la vanne de Kerganet (...) après la carrière politique qu'il a eu. Kerganet est la seule chose que les Bigoudens retiendront de lui» estime Serge Guilloux. Et ce dernier de penser qu’il aurait pu sortir grandi de cette affaire.

« L’argument projet privé, sur terrain privé, on ne veut plus l’entendre »

Les deux artisans regrettent aussi le manque de concertation depuis le début. « On subit les caprices, les projets politiques (…) et puis l’argument projet privé, sur terrain privé, on ne veut plus l’entendre (...). L’économie qu’ils sont en train de faire, ce n’est plus une économie de terrain ».

Et Roger Gloaguen de réagir au sujet d’un article de presse récent où l’on découvre Michel Canévet au chevet des agriculteurs dans le Cap Sizun : « élus, maires et sénateurs ont laissé des mètres carrés de discount s’ouvrir sur le pays bigouden. Ils ont donc tiré la qualité vers le bas et maintenant ils vont pleurer avec les agriculteurs ! ».  « Comment est-ce possible d’aller pleurer avec les agriculteurs le samedi après midi et puis le mercredi d’après aller voter pour une grande surface ? » s’interroge, remonté, le président du GACCO. « A un moment il faut être cohérent ! ».

« Ils vont être obligés de quitter le pays bigouden parce il n’y a plus de place pour s’installer »

« Si on est arrivé à développer tellement de zones, c’est qu’on a besoin d’argent et de taxes. Et je me demande si la communauté de communes ne vit pas au-dessus de ces moyens » s’interroge encore Roger Gloaguen.

L’artisan de Plonéour pense aussi « aux millions qui ont été mis dans un Centre de Formation des Apprentis à Quimper ». Et aujourd'hui, il demande à Michel Canévet et à Jean-François Le Bleis de « venir expliquer aux gamins que nous allons former, qu’ils vont être obligés de quitter le pays bigouden parce il n’y a plus de place pour s’installer et que, s'ils s’installent, ils seront en danger ».

Et puis « il faut arrêter avec le discours qui dit que les grandes enseignes ne font de mal qu’à elles-mêmes (…) On le sait bien, pour ne citer que le cas de Douarnenez, que deux grosses enseignes ravagent tout à côté » affirme Serge Guilloux. L’occasion pour Roger Gloaguen de citer les grandes surfaces à proximité de Plonéour-Lanvern  : Casino, Picard, U express, Intermarché, Leclerc, Lidl. « Cela en fait 6. Alors qu’on nous parle pas d’économie et d’évasion. (…) On sait aussi qu’une grande surface qui s’installe rapporte beaucoup d’argent à une communauté de communes ».

« Si Michel Canévet ne sait pas qu’on est en pleine crise, on va le lui prouver avec des chiffres »

Et le président du GACCO de poursuivre : « si Michel Canévet ne sait pas qu’on est en pleine crise, on va le lui prouver avec des chiffres. Les agriculteurs sont très mal, mais les commerçants c’est pareil, on est sur la même route ».
« Lui et nous, on ne vit pas la même économie. Moi j’ai du respect pour le maçon, le plâtrier, le pharmacien, la coiffeuse, ces gens là font l’économie tous les jours. Là (le projet U ndlr) on soulève des millions en quelques minutes, on est dans des projets hors normes. On a l’impression que quand ils sont élus, ils ne se rendent plus compte de la réalité. Et la réalité est dur pour tout le monde. Chacun essaye de faire de la qualité et des élus viennent nous fusiller sur place » rapporte encore l’artisan boucher.

« Et que font les maires de la communauté des communes ? Est-ce que c’est du pain béni quand Michel Canévet dit quelque chose ?» s’interrogent alors les deux hommes. « On prend l’argent du contribuable pour développer des petits commerces à Peumerit, Plovan, Tréogat, Gourlizon, et c’est bien » reconnaissent les deux artisans, « mais de l’autre côté on fait des grandes surfaces qui ne sont pas nécessaires ». « Tout cela est inquiétant pour l’avenir quand tu es professionnel » estime Roger Gloaguen.

« Nous ne sommes pas que des bulletins de vote »

Alors aujourd’hui, les deux représentants des commerçants et artisans estiment qu’il n’est pas trop tard, à la condition de « se concerter, de réfléchir et de voir les choses différemment ». « On demande donc à Michel Canévet de revenir avec nous, de revenir dans la vraie économie, d’être à l’écoute de la région qu’il représente (…). S'il vote oui, il envoie agriculteurs et commerçants dans le même fossé avec les catastrophes humaines qu’il y a derrière. »

Et Serge Guilloux de conclure : « nous ne sommes pas que des bulletins de vote, mais des hommes et des femmes qui se battent avec conviction au quotidien pour nos enfants, nos familles, nos employés ».

 
 le 22.02.2016 à 21 h 05 Réagir : Partager :        
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