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 Harmoniser les règles des espaces naturels.
 le 20.06.2016 à 22 h 48 - mis à jour le 21.06.2016 à 20 h 34 Réagir : Partager :        
 

La Communauté de communes du pays bigouden sud (CCPBS) vient de rendre public le résultat d'un long travail d'harmonisation des règles à respecter dans les espaces naturels dont elle assure la gestion et la sécurité. Le résultat concret de cette étude, menée par Benjamin Buisson, responsable du service espaces naturels à la CCPBS, est la rédaction d'un document unique dont chaque maire des communes concernées est invité à se saisir pour "réglementer l'accueil du public et les usages dans leurs sites naturels et la préservation de ceux-ci.

Afin de mieux comprendre cette réglementation et ses conséquences pour le public, nous avons questionné Benjamin Buisson :

Qu'est-ce que sont ces espaces naturels gérés par la CCPBS ?
La Communauté de communes du pays bigouden sud (CCPBS) est gestionnaire des terrains qui appartiennent au Conservatoire du littoral et au département. La CCPBS gère et surveille donc ces terrains qui s'étendent sur 1 100 hectares d'espaces naturels sensibles qui se trouvent sur 10 communes du pays bigouden sud, à savoir Pont-l'Abbé, Combrit-Sainte-Marine, Loctudy, St-Jean-Trolimon, Tréguennec, Plomeur, Penmarc'h, Plobannalec-Lesconil, Treffiagat-Léchiagat, Ile-Tudy. Dont une grande partie est située en baie d'Audierne.  Le Guilvinec et Tréméoc ne sont pas concernés, car ces deux communes n'ont pas de terrains appartenant au Conservatoire du littoral ou au département.

Quelles sont les limites de ces espaces naturels ? La plage de la baie d'Audierne en fait-elle partie ?
Non, la plage ne relève pas de la gestion de la CCPBS. La plage fait partie du domaine public maritime et, en celà, relève du domaine de l'Etat et donc de la Préfecture. Le domaine public maritime concerne, en résumé, tout ce qui est recouvert d'eau à marée haute. Au-delà de cette limite, il s'agit du domaine terrestre. Concernant les espaces naturels dont la CCPBS a la gestion, ils commencent pour ce qui est de la Baie d'Audierne au pied de la dune vers les terres. 

Quelle est la spécificité de ces espaces naturels qui sont à protéger ?
Ces espaces, dont la qualité est reconnue au niveau européen à travers le réseau Natura 2000, sont d'une qualité exceptionnelle, tant au niveau de la flore que de la faune. Ces espaces servent, par exemple, d'abris à une multitude d'espèces d'oiseaux, comme le guêpier d'Europe (ci-contre en photo, © Philippe Scordia). Des oiseaux qui viennent hiberner dans ces zones ou s'y reproduire. Par ailleurs, il faut protéger la flore qui joue un rôle majeur en matière de protection du littoral puisqu'elle sert, par exemple, de remparts contre les assauts des vagues durant l'hiver.

Pour protéger ces zones, il faut en réglementer les usages. Ce que les différentes communes font déjà. Quelle est la nouveauté avec ce document unique proposé par la CCPBS ?
Oui, en effet, chaque commune avait, jusqu'à maintenant, sa réglementation qu'elle mettait en place via un arrêté visant à réglementer l'accueil du public dans ces zones sensibles. Le problème est qu'il n'y avait pas forcément la même réglementation d'une commune à l'autre. Nous avons donc travaillé à une harmonisation de la règlementation, afin qu'elle soit plus lisible par tous. Nous avons proposé aux maires des communes concernées un arrêté municipal commun, un texte comportant 25 articles qui encadrent certaines pratiques. 7 communes ont déjà donné leur accord, nous attendons la validation par les trois autres.

Cet arrêté municipal commun comporte donc différents articles, allant de l'interdiction de la pratique du camping à l'interdiction de la cueillette ou de la destruction de plantes protégées. Et certains articles sont visiblement plus polémiques, concernant notamment les chiens.
En effet, sur la question des chiens dans ces espaces naturels, il y a eu de nombreuses discussions. Certains penchaient pour une interdiction totale des chiens pendant la période de reproduction des oiseaux, soit du 15 avril à début septembre ; d'autres souhaitaient que les chiens puissent accéder à ces sites avec leurs maîtres toute l'année mais tenus en laisse. C'est cette dernière proposition qui a été retenue. Les chiens sont donc autorisés dans les espaces naturels, mais seulement en laisse, afin de ne pas perturber les oiseaux. Et il est demandé aux propriétaires des chiens de ramasser leurs déjections.

Ce qui fait enrager les propriétaires de chiens...
Pas tous. Certains sont tout à fait conscients de la nécessité d'encadrer les choses. D'un point de vie écologique, cette position est cohérente. Il faut savoir que les crottes, très présentes sur certains secteurs, se dégradent très mal dans ce milieu dunaire pauvre en éléments nutritifs. Ce qui pose un vrai problème.

Certains vous diront que les nombreux lapins sur les dunes peuvent aussi effrayer les oiseaux et qu'on ne fait rien contre eux ?
Oui, j'ai entendu cela. Mais les lapins sont naturellement présents sur ces sites. Ils n'y viennent pas artificiellement, comme les chiens par exemple. Les lapins n'ont, de plus, aucun esprit de chasseur, contrairement aux chiens et n'embêtent donc pas les oiseaux. Enfin, le lapin fait des trous qui permettent ensuite aux oiseaux de nicher.  

D'autres vous parleront des agriculteurs et bulbiculteurs à proximité de ces espaces naturels qui utilisent pour leurs cultures des produits phytosanitaires autrement plus dangereux pour le milieu naturel que les chiens...?
Nous n'avons aucune compétence sur ces terrains-là qui n'appartiennent ni au Conservatoire du littoral, ni au département. La CCPBS ne les gère donc pas. 

De quelle manière le public sera informé de ces nouvelles règles ?
L'arrêté sera affiché en mairie, ainsi que sur les parkings de ces espaces sensibles. Enfin, nous allons mettre en place une signalétique appropriée. Par exemple un pictogramme pour les chiens à tenir en laisse remplacera celui du chien barré, qui n'est plus d'actualité.

Pour finir, qui aura la compétence pour verbaliser ?
Les gardes du littoral, la gendarmerie ou encore les policiers municipaux. Mais il s'agit d'abord d'encadrer les pratiques, en informant et en expliquant les raisons de ces règles au public.

 
 le 20.06.2016 à 22 h 48 - mis à jour le 21.06.2016 à 20 h 34 Réagir : Partager :        
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