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 Faut-il craindre une pénurie de sardines ?
 le 14.09.2016 à 20 h 52 Réagir : Partager :        
 
Tout part d'un bruit de quai à Saint-Guénolé Penmarc'h. Un pêcheur s'inquiète : "la mer est froide, il y a moins de sardines. " Du côté des poissonneries, les indices vont dans le même sens : la sardine se vend plus cher que l'anchois. Se ferait-elle plus rare? Nous avons mené l'enquête.

Du côté des tonnages vendus, les chiffres ne signalent aucune baisse, quand on les regarde sur une année. Au contraire, les ventes ont même augmenté par rapport à l'an passé en pays bigouden comme à Douarnenez.

Mais quand on se focalise sur la période allant de juin à septembre, la situation est bien différente. Selon Christophe Hamel, le directeur des criées à la CCI de Quimper Cornouaille, "la pêche à la sardine souffre d'irrégularités depuis juin. Il semblerait que la sardine soit restée cette saison plus au sud, elle a été débarquée dans les ports de Lorient et La Turballe. Par contre, Douarnenez n'a pas encore été servie et Saint-Guénolé Penmarc'h en a moins."

Une baisse de 23 % des tonnages vendus

La comparaison des chiffres de 2015 et 2016 sur les trois derniers mois parle d'elle-même. D'après les données transmises pat l'organisation professionnelle des Pêcheurs de Bretagne, qui compte 23 bolincheurs vendant dans les criées de Saint-Guénolé Penmarc'h, Douarnenez et Concarneau, "les ventes sur juin, juillet et août sont passées de 5 150 tonnes en 2015 à 3 940 tonnes en 2016, soit 23 % de baisse". Les professionnels confirment donc cette tendance à la chute, en tous cas à l'échelle du sud Finistère, "2015 ayant déjà été une année très moyenne", précise Marion Fiche des Pêcheurs de Bretagne.

Pour le moment, cette baisse ne se répercute pas sur les chiffres des ventes lissées sur une année, grâce à "un début d'année exceptionnellement bon, notamment à Douarnenez" explique Christophe Hamel.

Les conserveries s'inquiètent

Du côté des transformateurs, l'inquiétude est bien réelle. Antoine Chancerelle à Douarnenez, confirme : "Il y a un gros manque". L'entreprise enregistre "une chute du volume de la matière première de 37 % depuis début juillet par rapport à l'année dernière." Alors que d'habitude, c'est en été que la sardine a le taux de matière grasse le plus intéressant pour la mettre en boîte, "il est cette année au plus bas", selon la conserverie.

En deux mois, "le prix moyen en Criée est passé de 0.80 à 1.50 euros" indique-t-on à l'usine Chancerelle. Des chiffres que confirme la Compagnie bretonne du poisson. La conserverie familiale de Saint-Guénolé Penmarc'h subit le même déficit d'apports depuis juin : "Le prix des ventes en Criée a augmenté en moyenne de 30 %, indique Sten Furic, le directeur. Occasionnant un retard sur les programmes de fabrication et une rupture pour certaines références". Le patron bigouden sait déjà que ses stocks ne suffiront pas pour aller jusqu'à la saison prochaine.

Des hypothèses

Alors, oui, la sardine se fait rare. En mer, les professionnels observent ce phénomène en première ligne, sans trouver forcément d'explications unanimes. Certains évoquent la température de l'eau, d'autres constatent que les poissons devenus plus petits, évolueraient plus en profondeur, échappant ainsi aux filets des bolincheurs. Faut-il y voir une conséquence des quotas imposés par l'Europe à la pêche à l'anchois, ces dernières années ? Cette politique aurait permis d'augmenter le stock des anchois au détriment des sardines, qui se nourrissent du même zooplancton. Les hypothèses restent ouvertes.

Gaëtan Lippart, bolincheur depuis 18 ans à Saint-Guénolé Penmarc'h, joint par téléphone, précise que "selon les scientifiques d'Ifremer, il y aurait environ 500 000 tonnes de sardines dans le Golfe de Gascogne. " Le tout est de savoir où elles se cachent. Pour le pêcheur bigouden "elles pourraient évoluer dans des eaux plus profondes pour échapper à leurs principaux prédateurs que sont les dauphins et les marsouins, de plus en plus présents." Mais le professionnel reste positif et compte sur une meilleure fin de saison.

Si pour le moment, personne n'ose parler de pénurie, toute une filière économique reste en attente.

 

 le 14.09.2016 à 20 h 52 Réagir : Partager :        
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