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 Malamok. La vive inquiétude des salariés.
 le 10.11.2016 à 22 h 36 - mis à jour le 13.11.2016 à 09 h 54 Réagir : Partager :        
 

Annulé. C'est ce que l'on peut lire sur trois affiches de spectacles en arrivant au Malamok, le centre socio-culturel et de loisirs implanté au Guilvinec. Annulé le one-man-show humoristique M. Armand dit Garrincha le 10 décembre, tout comme deux concerts initialement programmés au mois de mars, celui de Lorka le 12 et et du trio Elza le 31. Raison de ces annulations, les difficultés financières de la structure associative qui doit faire face à une baisse des subventions publiques à laquelle elle ne s'attendait pas. En interne, le climat social est tendu, les salariés inquiets et déboussolés (en photo ci-contre), craignant la fermeture du Malamok en 2017. Leur première action consiste actuellement à informer la population et à demander le soutien du public via la mise en ligne d'une pétition. La situation pourrait se tendre encore davantage dans les prochaines semaines avec une grève. Explications.

Le Malamok, association de loi 1901, rayonne sur trois communes

Le Malamok, association de loi 1901, est un centre qui couvre trois domaines - le social, le culturel et les loisirs - et qui rayonne sur trois communes : le Guilvinec où il est implanté, Tréffiagat et Plomeur. Il propose ainsi à l'année des activités de loisirs pour tous les âges, une programmation de spectacles vivants, un accueil de loisirs - le Ty Malamok pour les enfants jusqu'à 11 ans, - deux Espaces Jeunes (à Tréffiagat et à Plomeur) pour les adolescents de 11 à 17 ans, ainsi qu'une ludothèque implantée à Plomeur. La structure associative fonctionne avec 14 équivalents temps plein (ETP) à l'année, auxquels s'ajoutent les animateurs, recrutés notamment pendant les périodes de vacances scolaires. Le Malamok bénéficie d'un agrément octroyé par la Caisse d'Allocations Familiales (CAF) qui lui permet de mener à bien ses missions. Cet agrément doit être renouvelé tous les quatre ans. Il prendra fin en décembre 2017. Un nouveau projet social doit donc être écrit dans les prochains mois et présenté à la CAF. Le Malamok fonctionne grâce à l'octroi de subventions publiques, dont celles des trois communes directement concernées.

Tensions, annulation de spectacles et vives inquiétudes des salariés

Les tensions actuelles proviennent justement d'une nouvelle baisse de subventions à laquelle l'association "ne s'attendait pas" explique Cédric Boudjema, directeur de la structure. "Nous avons appris il y a quelques jours, que le maire du Guilvinec ne verserait pas les 30 000€ au titre de la subvention 2016." Une somme qui devait, précise encore le directeur, "être versée en fin d'année" pour compléter un premier versement de 140 000€. Face à cette nouvelle donne, direction et bureau associatif, ont décidé de réduire la programmation culturelle et donc d'annuler trois spectacles. Une programmation qui avait déjà été revue à la baisse pour l'année 2016/2017. "Pour 2015, nous avions programmé 15 spectacles, pour 2016, nous en étions à dix" précise encore le Cédric Boudjema.  Là encore, en raison d'une baisse de subventions municipales. "Nous avons perdu en deux ans 52 000 € de subventions municipales" précise Cédric Boudjema. La mairie du Guilvinec ayant octroyé pour l'année 2015 170 000€, pour 2016 finalement que 140 000 €. Les deux autres communes, indique le directeur, participent, pour Plomeur,  à hauteur de 102 000€ hors TAP (Temps d'activités périscolaires) ;  pour Tréffiagat à hauteur de 68 000€ hors TAP. Des chiffres stables selon Cédric Boudjema. L'annonce du non-versement de ce complément a conduit Danièle Dubois, déléguée du personnel, syndiquée FSU, à rencontrer le maire, Jean-Luc Tanneau et son premier adjoint, Daniel Le Balch en début de semaine. Une réunion où le non-versement des 30 000 € a été confirmé, le maire attendant que les deux autres communes - Plomeur et Tréffiagat - s'investissent davantage financièrement.

Pour le maire du Guilvinec "il ya des dérives financières dans ce projet."

Ce que confirmera Jean-Luc Tanneau, contacté ce mercredi par téléphone :"Le Guilvinec paie plus que les deux autres communes partenaires. Le Guilvinec verse trop. Nous attendons de voir ce que les deux autres communes vont décider (..) Les directeurs généraux des services (DGS) des trois communes se sont déjà rencontrés à plusieurs reprises. Danièle Dubois doit également rencontrer les deux municipalités." Questionné quant au non-versement des 30 000 € manquants, Jean-Luc Tanneau explique :"La municipalité a voté 140 000€ pour l'année 2016. Ca a été voté en mai. Ils ont touché l'argent." Et le premier magistrat du Guilvinec de poursuivre : "Il y a des dérives financières dans ce projet. A chaque fois, on augmente les demandes. Je n'ai aucune notion de ce qu'ils font.  Il y a un problème de gestion. Il y a des choses qu'il faut revoir." Tout en reconnaissant "que cette structure est utile" et que "notre priorité est l'enfance/ jeunesse." 

La déléguée du personnel doit rencontrer les maires de Plomeur et Tréffiagat

Une priorité qui est aussi bien présente pour l'équipe salariée du Malamok. Et Danièle Dubois d'expliquer : "Nous voulons préserver notre outil de travail, nos emplois et remplir nos missions (...) Nos actions, notre travail quotidien s'intègrent au projet global de la structure qui est de lier intimement l'éducatif, le social et le culturel. C'est de ça qu'est construit l'humain. Et cela n'est pas quantifiable...." Et la déléguée du personnel de poursuivre : "Nous ne sommes pas contre la mairie du Guilvinec. La municipalité fait des choix politiques. C'est un débat politique avec les autres communes. Mais nous, nous en subissons les conséquences et nous sommes très inquiets." 

Vers une grève des salariés ?

Une vive inquiétude qui conduit actuellement les salariés à informer la population via une pétition en ligne. Et qui pourrait les conduire à déposer un préavis de grève dans les prochaines semaines. "Mais nous prendrons le temps d'informer tout le monde, notamment les nombreux parents" annonce Danièle Dubois. L'aspect humain, toujours.

A savoir :
La pétition en ligne est consultable ici.
 

 
 le 10.11.2016 à 22 h 36 - mis à jour le 13.11.2016 à 09 h 54 Réagir : Partager :        
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