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 Le projet de Hamon : « un saut dans le vide »
 le 16.02.2017 à 22 h 28 Réagir : Partager :        
 

Le Pont-l'Abbiste Michel Dath (en photo ci-contre), délégué PS de la 7ème circonscription vient de démissionner. Ce dernier était aussi l’organisateur sur la circonscription de Pont-l’Abbé-Douarnenez des Primaires de la gauche qui se sont déroulées les 22 et 29 janvier dernier. Entretien.

Michel Dath, quelles sont les raisons de votre démission ?
Tout d’abord je tiens à préciser que j’ai démissionné du poste, mais pas du Parti Socialiste.
Les raisons sont purement politiques. Aujourd’hui, mes convictions m’empêchent de faire campagne pour un projet que je n’approuve pas du tout, celui de Benoît Hamon. Le délégué de circonscription est dans la campagne une pierre angulaire. Il coordonne notamment toutes les sections locales. Comme je ne veux pas entraver le bon fonctionnement de la campagne, j’ai préféré démissionner pour que quelqu’un qui est motivé par ce projet prenne ma place et fasse campagne. Je démissionne par honnêteté, c’est ce qu’aurait du faire les frondeurs lorsqu’ils n’étaient pas d’accord.

Qu’est ce vous gêne dans le projet de Benoît Hamon ?
Je ne le trouve pas très réaliste, notamment le revenu universel, le 49.3 citoyen. Le projet me parait assez sympathique comme cela, mais j’ai le sentiment qu’on saute un peu dans le vide.
Le projet de revenu universel, c’est peut être quelque chose qui a de l’avenir, mais j’estime que le sujet n’a pas été assez fouillé pour s’y lancer. Et je pense que cela remet beaucoup de choses en cause sur le plan économique, sociétal, social, dans la relation avec le travail. J’estime qu’il y a beaucoup de conséquences qui n’ont pas été mesurées.

Quel regard portez-vous sur ces Primaires ?
Stéphane Le Foll a dit qu’on nous avait volé la primaire. J’ai également un peu ce sentiment là. Finalement, ce ne sont pas les sympathisants socialistes qui ont voté. Ce serait plutôt les partisans de la gauche gauche. Ceci dit, il y a eu deux millions d’électeurs, il faut le respecter.
Aujourd’hui c’est la primaire que je remets en cause et je pense que c’était la dernière fois qu’il y a des primaires, y compris à droite. Aux primaires de la droite, les lecteurs on viré Sarkozy, Juppé. C’est la droite de la droite qui s’est déplacée. Et à gauche, ce que je redoutais, c’est la gauche de la gauche qui s’est déplacée.
Le principe des primaires pourrait être valable à condition que les partis aient un programme. Là, chaque candidat est venu avec son projet. On peut se demander à quoi servent les partis sinon à organiser les primaires. En quelque sorte, on a fait le congrès du parti lors des primaires. Et de mon point de vue, ce n’est pas le moment.
En 2012, j’étais assez content de la manière dont s’étaient déroulés les primaires. Mais maintenant, il est trop difficile de rassembler après car on a des projets trop différents. Il faudrait se rassembler avant et chercher l’homme qui va le porter, certes avec des nuances. Mais là il ne s’agit pas de nuances, mais d’un projet radicalement différent.

Et pour la suite ?
Il y aura une élection interne au niveau de la circonscription. Il y aura un intérim, peut être par le directeur de campagne de Florence Crom. Peut être y aura-t-il aussi un vote interne des militants de la 7ème.

Vous n’êtes pas le seul à avoir démissionné (Claude Colineau, secrétaire de la section de Loctudy a également démissionné)...
Je confirme que je ne suis pas le seul à ne pas vouloir faire campagne, il va y avoir un petit souci sur la 7ème. Mais ce n’est qu’une impression. Sur la partie sud de la circonscription, les militants sont plutôt sociaux-démocrates. Peut être que sur d’autres sections cela l’est moins. Je pense à Philippe Ronarch et Emmanuelle Rasseneur(respectivement maires de Pouldreuzic et Gourlizon ndlr) qui étaient assez actifs pour promouvoir la candidature de Hamon. Ils pourraient assurer la campagne.

Sur la 7ème, Florence Crom, la candidate désignée en décembre par les militants, a soutenu Manuel Valls au second tour. La désignation des candidats aux législatives n’aurait-elle pas du se faire après la désignation du candidat issu de la primaire ?
Effectivement, cela semble plus pratique pour construire une majorité présidentielle. Ceci dit dans l’esprit, le parlement est là pour contrôler l’action de l’exécutif, et normalement il n’y a pas corrélation entre les deux. Ce qui est faux dans les faits, mais dans l’esprit ce n’est pas anormal que le parlement ait une majorité qui corresponde aux circonscriptions. Un problème va tout de même se poser. Au Parti Socialiste, le courant social-démocrate est majoritaire, et les investitures des candidats aux élections législatives ne sont pas à majorité hamoniste. Benoît Hamon va, à son tour, se retrouver avec des frondeurs.

 
 le 16.02.2017 à 22 h 28 Réagir : Partager :        
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