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 « Qu'on ne nous dise pas : on découvre ! »
 le 04.04.2017 à 20 h 09 Réagir : Partager :        
 

Le Malamok vit une crise grave. Le centre socio-culturel, implanté au Guilvinec et dont les actions rayonnent sur les communes de Tréffiagat, Plomeur et le Guilvinec, est en cessation de paiement. Ce mardi, salariés et membres du bureau du Malamok (en photo ci-contre) ont pris la parole.

Cédric Boudjema, directeur de la structure, a rappelé qu’ « en 2015 et 2016, nous avons perdu 60 000 euros de subventions, dont 52 000 de la commune du Guilvinec et 7 500 du Conseil départementa l(…) En novembre 2016, nous avons appris que 30 000 euros de subventions ne serait pas versé de la part du Guilvinec, dur à cette période de l'année de pouvoir maîtriser un budget ».

Un plan de redressement refusé par Plomeur et le Guilvinec

Le directeur estime que ce déficit structurel n'est pas que le fait du Malamok, mais plus d'une responsabilité collective.
Il s'appuie notamment sur le refus, au printemps 2016, du bureau de l'association qui gère le Malamok et de son conseil d'administration (CA) de licencier une personne de l'équipe et de diminuer la voilure des TAP (temps d'activité périscolaire). Selon le directeur, certains membres de ce même bureau auraient refusé la mise en place d'un Dispositif Local d'Accompagnement (DLA). Un DLA qui n'aurait rien coûté, comparé aux 10 000 euros de l'étude menée en ce début d'année par le cabinet TMO, étude commandée conjointement par les trois communes. Enfin, Cédric Boudjema regrette que « le plan de redressement proposé et jugé viable par la CAF, par la fédération des centres sociaux, par le cabinet TMO et par la mairie de Tréffiagat ait été refusé par les mairies de Plomeur et du Guilvinec».

Ce plan prévoyait le départ de trois salariés. La liquidation de l'association qui gère le Malamok pourrait au final mettre davantage de salariés en difficultés. Le Malamok emploie 21 personnes en CDI, ainsi que 12 personnes en CDD, sans compter la dizaine d'animateurs recrutés pour des missions courtes. En équivalent temps plein, cela représente 16 emplois.

« S'ils avaient payé les subventions ALSH, on aurait pu ouvrir » 

Dans les colonnes de la presse quotidienne régionale, certains élus se demandent où est passé l'argent. Le directeur du Malamok, comme Jean-Marie Becker, trésorier de l'association, expliquent que le budget de la structure est de 1,1 millions d'euros annuel et que l'ensemble des subventions ne sert pas à autre chose que de payer les salaires, les activités. Sur ce volet finances, le directeur du Malamok a aussi tenu à corriger les propos de Nelly Stéphan, adjointe aux finances à Plomeur. « Non, Plomeur n'a pas versé en 2017 sa subvention pour l'ALSH (Accueil de Loisirs sans Hébergement), Plomeur a versé un tiers de sa subvention annuel de fonctionnement au Malamok ».
« S' ils avaient payé les subventions ALSH, on aurait pu ouvrir pendant les vacances » poursuit Jean-Marie Becker.

« Des prestataires de TAP vont fonctionner sans être payés »

Les salariés tiennent à préciser que le Malamok fonctionne cette semaine. La ludothèque est ouverte, les TAP fonctionnent jusqu'aux vacances, les Espaces Jeunes fonctionnent.
Mais Audrey Hennetier, coordinatrice des TAP à Plomeur, ajoute que « des prestataires de TAP vont fonctionner sans être payés ». Cette dernière rappelle aussi que « le Malamok, ce n'est pas seulement l'enfance et la jeunesse, ce sont aussi plus de 600 adhérents, ce sont des mamies qui utilisent le service toute l'année, ce sont des gens qui prennent des cours de piano,...le Malamok c'est aussi tout cela ».

« La cessation de paiement, on y est de fait »

La structure a écrit au commissaire aux comptes. Ce dernier doit convoquer le CA qui devra voter la cessation de paiement. Mais « la cessation de paiement, on y est de fait » précise le directeur. Et pour ce dernier, « à partir du vote du CA, cela va aller très vite » c'est à dire vers une liquidation de l'association. « Le seul espoir est d'injecter de l'argent. 80 000 euros, ce n'est que 27 000 par communes » affirme le directeur.

« On essaye de tenir, parce qu'on a des familles devant nous »

Si salariés et membres du bureau reconnaissent qu'il y a eu des co-responsabilités, ils estiment aussi, comme Danièle Dubois, « avoir été pris en otage (...) Nous salariés, on attend depuis novembre, et c'est très long ».
Le désarroi est bien présent chez les salariés, comme en témoigne Audrey Hennetier « on essaye de tenir, parce qu'on a des familles devant nous, des familles à qui on ne sait pas quoi dire pour l'été, pas quoi dire pour les TAP. Mais avec tout ce qu'on prend depuis novembre, tous les mois on ne sait pas si on va être payé, tous les mois, on ne sait pas si on va ouvrir les prochaines vacances... c'est un peu dur d'entendre qu'on les a mis devant le fait accompli. »

« Qu'on ne nous dise pas : on découvre ! »

« L'association a 28 ans, il aura fallu attendre TMO pour dire ah oui on comprend comment cela fonctionne ! » constate le directeur amer, pour qui « il y a quand même des gens qui siègent au sein du CA. Il y a des gens qui votent, il y a des contrats qui sont passés entre la CAF et les communes ». Au CA du Malamok, 6 sièges sont pour la municipalité du Guilvinec, 2 pour celle de Tréffiagat et 2 pour celle de Plomeur. Guilvinec fait chaise vide depuis mai 2016 mais reçoit les comptes rendus. Et Cédric Boudjema de poursuivre : « lors de l'AG, on présente le budget, les finances, on fait des rapports d'activité, qu'on ne nous dise pas : on découvre ! »

Le bureau et les salariés proposent une rencontre le samedi 8 avril 2017 à 10h30 au Malamok, pour « tenter de répondre aux questions ».

 
 le 04.04.2017 à 20 h 09 Réagir : Partager :        
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