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 « Le scénario était écrit depuis longtemps.»
 le 12.05.2017 à 21 h 26 Réagir : Partager :        
 

Réunis ce jeudi 11 mai en Assemblée Générale Extraordinaire (AGE), les adhérents du centre socioculturel le Malamok ont pris connaissance de la situation 2016 de l’association par le commissaire aux comptes Erwan Le Goff. C'est un passage obligé avant le dépôt, au Tribunal de Grande Instance de Quimper, du dossier de cessation de paiement. Un dépôt qui interviendra dans les prochains jours. Le juge aura ensuite deux possibilités : soit la liquidation, soit le redressement. C’est sur ce point que les adhérents ont été amenés à voter en fin d’AGE.

« J’ai espéré qu’il réalise qu’il n’avait pas été élu pour détruire »

En introduction, s’adressant aux quelque 200 adhérents présents, Malou Plouhinec, vice-présidente de l’association, n’a pas caché son amertume : « jusqu’au dernier moment j’ai espéré que Monsieur Tanneau (le maire du Guilvinec, ndlr) entende votre colère et votre désarroi. J’ai espéré qu’il réalise qu’il n’avait pas été élu pour détruire ce que tant d’autres avaient mis tant de temps et d’énergie à bâtir (…) Nous avons tout tenté (…) mais nous avons échoué parce que le scénario était écrit depuis longtemps ».
Et la vice-présidente de citer les prénoms de tous les salariés : « et puis il y a ceux que certains appellent les dommages collatéraux. Nous, nous les appelons tout simplement Cédric, Magalie, Sylvie, Marie-Laure, Danièle, Vinciane, Margaux, Magalie, Fanny, Benjamin, Audrey, Kevin, Alice et Simon ».

« Le ras le bol est atteint »

Après la lecture du rapport du commissaire aux comptes, adhérents et membres du bureau ont échangé. Jean-Christophe Cloarec a pris la parole le premier pour évoquer des solutions afin de sauver le Malamok, sous la condition de la volonté des salariés. « Le ras le bol est atteint » lui a répondu, à titre personnel, le directeur de la structure. Néanmoins, ce dernier a évoqué la possibilité, avec la commune de Tréffiagat, de créer un accueil de vie social. Une option qu'il ne juge pas forcément intéressante au niveau du territoire, mais qui permettrait de sauver quelques emplois. Par ailleurs, le directeur a vivement regretté que le Malamok arrive à la liquidation et qu'il perdre les agréments. D'autant que, selon lui, le plan de redressement était viable, amélioré par des offres de la CAF.

« On s'est fait étouffer petit à petit » analyse le directeur. « Je me sens un peu responsable. Si j'avais su, peut-être que j'aurai crié un peu plus fort qu'il fallait réduire la voilure. » Pour l'heure, le directeur ne voit pas la solution, « l'argent on ne l'a pas ». Il a une nouvelle fois rappelé que le plan de redressement prévoyait trois départs volontaires dans le secteur déficitaire, celui de l'enfance, plus celui du régisseur et que l'équilibre serait retrouvé dès 2018.

« Est ce que le personnel est prêt à suivre ? »

Le directeur de la structure socio-culturelle a aussi expliqué le déficit de 2016. « On a eu une baisse de subvention du Guilvinec, une augmentation des charges externes et des charges de personnels ». Pour les charges de personnels, la masse salariale est passée de 420 000 euros en 2014/2015 à 492 000 en 2016. En cause les TAP. « On a du embaucher pas mal de contrats ». Les TAP ne sont pas le seul problème tempère Malou Plouhinec. Et Cédric Boudjema de reprendre : « avec le plan de redressement jugé viable et l'arrêt des TAP, on aurait été viable encore plus rapidement ».

« Une grande amertume envers les communes de Plomeur et du Guilvinec »

Mais le directeur a aussi rappelé les problèmes relationnels entre le Malamok et les mairies et entre les mairies entre elles. « Cela ne date pas d'hier ».
« Il faut arriver avec des propositions de redressement, il faut changer le modèle économique, changer le modèle statutaire » clame Jean-Christophe Cloarec, qui souhaite sauver cet outil social. Mais « est ce que le personnel est prêt à suivre » interroge un adhérent dans la salle.

« On n'a pas demandé à perdre notre boulot, on n'a pas envie que cela s'arrête. Mais comment on fait pour vivre ? » interroge Fanny. Cette salariée dit avoir « une grande amertume envers les communes de Plomeur et du Guilvinec » qui ont refusé le plan de redressement. « Elles n'ont pas eu un mot pour les salariés ».

« Vous n'allez pas changer monsieur Tanneau, il n’en veut plus point barre »

Jean-Christophe Cloarec demande alors si la communauté de communes ne peut pas être sollicitée pour sauver les emplois dans le cadre de sa compétence économique. Un adhérent se lève dans la salle : « le problème, c'est que deux communes sur trois ne veulent plus soutenir le Malamok (...) vous n'allez pas changer monsieur Tanneau, il n’en veut plus, point barre. Et allez demander à Plomeur qui a suivi Guilvinec comme un caniche ». « Le maire n'en veut plus, mais nous on en veut » poursuit Jean-Christophe Cloarec.

« La situation est pourrie. C'est un mach de ping pong entre les communes. Le plan de redressement je veux bien, mais comment on trouve les sous ?» interroge encore Fanny.
Intervient alors Audrey, une autre salariée du Malamok : « Depuis novembre, on a du attendre, attendre et attendre. Les communes se sont positionnées. Prenons acte. Cela sert à quoi de continuer ? (...) Maintenant, rebondissons autrement (...) Le projet ne peut pas perdurer ». Et Jean-Marie Becker, le trésorier de l'association de conclure « Le Malamok est mort pour 27 000 euros par commune ». Peu avant, les adhérents s'étaient prononcés. 48 ont voté pour le redressement, 43 pour la liquidation. Le dernier mot reviendra désormais au juge du TGI. 

Les adhérents du Malamok lors de cette Assemblée Générale Extraordinaire

 
 le 12.05.2017 à 21 h 26 Réagir : Partager :        
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