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 «Qu'est-ce qu'on peut faire tous les deux ?»
 le 13.06.2017 à 23 h 23 - mis à jour le 14.06.2017 à 08 h 37 Réagir : Partager :        
 

Rencontrer - et entendre parler - Roland Bertin est un privilège. D'autant plus lorsqu'on est chez lui, à Penmarc'h, dans une maison entourée de roses. Dans la cuisine, sur les bancs en bois, des livres. Que l'on devine omniprésents dans sa vie. Une bande dessinée nous interpelle. Gérard, cinq années dans les pattes de Depardieu, de Mathieu Sapin (Dargaud, mars 2017). On ose. Vous avez aimé ? « Oui...(...)  Ah ! mon Gérard ! » s'exclame-t-il soudain avec cette voix intense qui porte sans effort. « J'ai tourné avec lui dans Cyrano.» Et les souvenirs affluent autour de ce Cyrano de Bergerac, adapté en film par Jean-Paul Rappeneau en 1990 avec Gérard Depardieu dans le rôle-titre, Anne Brochet, Vincent Perez et Roland Bertin, donc, interprétant Ragueneau.

« Et là (silence). J'ai joué ...»

Des longs-métrages pour le cinéma, des films pour la télévisions, Roland Bertin en a tourné de multiples, avec des Patrice Chéreau, Jacques Deray, André Téchiné ou encore Yves Boisset pour ne citer qu'eux. Mais c'est sur scène, au théâtre, que le comédien débute, au milieu des années 50, dans les mises en scène de Jacques Fornier pour la troupe de Bourgogne qui deviendra par la suite le centre dramatique national Théâtre de Bourgogne. « Je me souviens très bien de ma première représentation, de mon premier public.» Le sourire n'est pas loin. Les yeux mi-clos, Roland Bertin savoure le souvenir, seul, avant de le laisser s'échapper : « Le public était devant moi. Puis, un trou noir. Une vision. Qu'est-ce que je fais là ? J'ai eu tellement peur, que je suis parti. Mes camarades m'ont fait revenir, m'ont assis dans le fauteuil, sur scène. Et là (silence). J'ai joué...» Débute alors la carrière qu'on lui connaît. La Comédie-Française dont il devient Sociétaire, puis Sociétaire honoraire. Le Molière, en 2009, pour sa prestance dans Coriolan de Shakespeare. Soixante ans d'une carrière intense, brillante,  à interpréter, à jouer, à se couler dans les plus grands personnages du théâtre classique et moderne. Avec gourmandise. Comme un enfant à qui on aurait donné l'autorisation de jouer toute la vie. 

« Qu'est-ce qu'on peut faire tous les deux ? »

Maintenant qu'il vit à Penmarc'h, dans ce pays où il se sent adopté - « il faut dire que je ne la ramène pas » lance-t-il - Roland Bertin a noué de solides amitiés. Celle avec le comédien et metteur en scène Jacques Tresse (ci-contre en photo à gauche, avec Roland Bertin), également installé dans ces terres fertiles pour les artistes, en est une. « Qu'est-ce qu'on peut faire tous les deux ? » a interrogé un jour l'aîné. Lire poursuit-il. « J'adore lire. Je suis un fou de lecture. J'ai fait beaucoup de lectures à la Comédie-Française, au théâtre du Vieux-Colombier. » Le choix se portera sur Robert Pinget et  La Manivelle, une pièce radiophonique parue en 1960 aux Editions de Minuit dans une édition bilingue franco-anglaise (texte anglais de Samuel Beckett) . « Je suis très honoré » souffle Jacques Tresse. « Je n'aurai pas osé te demander cela. Pas tout de suiteEt pourtant. Roland Bertin ne tarit pas d'éloges sur le comédien « doué, talentueux, combattif », devenu un ami et pour lequel il a accepté de s'investir au sein de sa Compagnie des vents solaires.  « Je l'ai vu jouer son spectacle Histoire de folie ordinaire, ici, à Penmarc'h. C'était très bien.» Le compliment fait son effet.

La Manivelle, une pièce drôle et cruelle

La pièce qu'ils vont lire vendredi  prochain à la salle Cap Caval est « une pièce drôle ... et cruelle. » Roland Bertin savoure. « C'est une gourmandise, ces deux vieillards, ces deux vieux potes qui bavardent, qui se souviennent et qui perdent la mémoire. Ils ont des disputes enfantines. C'est d'un drôle et d'un cruel terrifiant.» Le comédien poursuit : « j'ai joué cette pièce en 1964, à sa création. J'avais 34 ans. J'en ai 86 aujourd'hui (silence). Ca me fait plaisir de la lire avec Jacques (silence). C'est amusant de jouer la décrépitude. La vision du vieillard ne me gêne pas. (silence). Ce qui est démoralisant, c'est la bêtise.» Et Roland Bertin de conclure, presque pour lui : « C'est un beau décor ici. Il y a des chats, des oiseaux, des arbres, le vent et les nuages. Les merveilleux nuages comme disait Baudelaire. Qui sont comme des fleurs qui poussent. Des fleurs étonnantes. Ici, il y a la pluie. Ici, c'est un pays qui m'apaise.»

 

Pratique :
Lecture de la pièce La Manivelle de Robert Pinget
Par Roland Bertin (sociétaire honoraire de la Comédie Française) et Jacques Tresse
Vendredi 16 juin à 19h00
Salle Cap Caval de Penmarc'h
Entrée : 8€
Réservations et renseignements :
Tél. 09 51 50 27 79
ou courriel à compagnie.des.vents.solaires@gmail.com
 

 
 le 13.06.2017 à 23 h 23 - mis à jour le 14.06.2017 à 08 h 37 Réagir : Partager :        
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