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 La sensibilité artistique en héritage.
 le 10.06.2017 à 23 h 36 - mis à jour le 11.06.2017 à 20 h 50 Réagir : Partager :        
 

Ce sera un des temps forts du début de l'été et qu'il ne faudrait pas manquer. Du samedi 17 juin au dimanche 2 juillet, le Consulat du Pays Bigouden organise, à Plobannalec-Lesconil, un vibrant hommage à l'écrivain Jean-Pierre Abraham (1936-2003), auteur - entre autres - d'Armen (Le Seuil, 1967), Le Guet (Gallimard, 1986), Compère qu'as-tu vu ? avec Vonnick Caroff pour les illustrations-peintures (Le temps qu’il fait, 1993) ou encore Au plus près (Seuil, 2004) publié à titre posthume. Au programme de ces quinze jours, expositions, projection, lectures et concert autour de cet auteur discret qui aura vécu, à la fin de sa vie, à Penmarc'h. 

L'originalité de cet événement - intitulé La mer monte Abraham ! -  réside dans le fait que le Consulat ait réussi à fédérer autour de ce projet la famille de l'écrivain. Son épouse, Monique Kerimel, sa dernière compagne, Vonnick Caroff ainsi que deux de ses fils : l'artiste Clet Abraham - connu sur la scène internationale pour ses détournements poétiques et parfois provocants des panneaux de signalisation - et le musicien de jazz Clément Abraham - qui vient de sortir son deuxième album de composition Turn Around avec son quartet. L'occasion d'un entretien avec ces deux artistes, l'un en transit entre la Bretagne et l'Italie où il réside ; l'autre, installé dans le Cap Sizun, entre deux concerts...
(Photo : Clet Abraham à gauche, © Clet Abraham ; Clément Abraham © Ray Flex)

Vous avez donné votre accord au Consulat du Pays Bigouden pour cette mise en lumière de l'oeuvre de votre père. Mieux, vous y participez tous les deux activement. Pour quelles raisons ?
Clet Abraham : C'est une bonne idée de faire quelque chose sur mon père, dans le sens où cet hommage rassemble la famille. C'est une idée sympathique et intelligente. J'opère d'ailleurs un retour au pays actuellement. Petit à petit. Et participer à cet événement est aussi une façon de dire que je suis là. Je vis depuis plusieurs années en Italie, à Florence. Et je reviens donc. C'est un choix personnel. J'ai acheté une maison à côté d'Audierne et l'idée est de pouvoir vivre la moitié du temps ici, l'autre en Italie. 
Clément Abraham : Au départ, Alain Le Fur (co-fondateur du Consulat et programmateur artistique, ndlr), qui m'avait fait joué en 2005 au festival de jazz Quai des Notes à Lesconil avec de bons musiciens, m'a proposé de réunir la famille pour un concert. C'était l'idée de départ. Le projet s'est monté petit à petit pour devenir un hommage. Alain est fou de son écriture.

Comment expliquez-vous le fait que Jean-Pierre Abraham et son oeuvre ne soient pas vraiment connus du grand public ? A la différence des Xavier Grall, Pierre-Jakez Hélias par exemple. 
Clet Abraham : C'est difficile de répondre, surtout dans ma position de fils (silence). Ce n'est pas une littérature grand public. Ce ne sont pas des romans, il n'y a pas de suspens. C'est un élément. Et puis, par pudeur et par élégance, il n'a jamais cherché à se faire connaître. Il faisait son travail. Mon père ne cherchait pas à vivre de se son oeuvre littéraire. Il souhaitait peut-être aussi préserver une forme de pureté.
Clément Abraham : Je pense que c'est une histoire de diffusion, qui concerne la politique des éditeurs dans ce domaine. Et puis, mon père ne cherchait pas à être dans le cercle des écrivains bretons, régionalistes. Enfin, si son écriture est accessible, elle n'est pas grand public. Il ne cherchait pas à gagner sa vie en tant qu'écrivain. Il n'a pas cherché à développer ça. Au début, ça a démarré fort (Le Vent, publié aux éditions du Seuil en 1956, Jean-Pierre Abraham avait alors 19 ans, ndlr) mais après il a disparu plusieurs années où il n'a pas publié...

Lequel de ses écrits vous est le plus proche ?
Clet Abraham : (silence) Je ne sais pas du tout. Je n'y ai jamais pensé. Tous sans doute ...peut-être je me sens plus concerné par ceux où j'étais déjà né puisqu'on est présent dans ses livres.
Clément Abraham : Celui que je préfère est Le Guet (Gallimard, 1986). C'est là que j'en apprends le plus sur lui. C'est un livre particulier où il se dévoile beaucoup. J'aime beaucoup également Au plus près (Seuil, 2004) peut-être parce qu'il y parle de moi... Et puis également La place royale (Le temps qu’il fait, 2004)

Quel genre d'homme - et de père -était-t-il ? On le décrit comme quelqu'un de discret, voire de timide ?
Clet Abraham : Discret, c'est sûr. Plutôt réservé que timide. Il n'était pas effacé. Il savait être présent. Il était très présent dans notre existence. Les pères à cette époque (Clet Abraham est né en 1966, ndlr) n'étaient pas très affectueux. Mais c'était un phare, une présence très forte. Ce phare que vous avez créé pour l'affiche de l'évènement (voir ci-dessous) ? Oui, c'est ça.. C'est un phare, une présence très forte, intellectuelle et morale. C'est le rôle du père, celui qui guide, qui illumine la route. La mère, c'est le nid.
Clément Abraham : Oui, c'était quelqu'un d'assez discret, peut-être même d'introverti. Il s'exprimait plus dans ses écrits. Il n'était pas forcément très à l'aise dans son rôle de père. 

Peut-on parler d'héritage Abraham, dans le sens d'une transmission artistique, d'une sensibilité poétique au monde qui fait que vous soyez devenu un artiste ?
Clet Abraham : Oui, je pense. Mon autre frère qui vit au Canada, est dans l'écriture. Il écrit ses pensées (silence). Toutes nos actions sont étroitement descendantes d'un esprit. Notre père avait une présence très forte, il portait une éthique et une morale très forte. Nous avons bénéficié de cette transmission. (Photo © Clet Abraham)
Clément Abraham : Oui, évidemment. Il y avait toujours de la musique à la maison. Mon père écoutait beaucoup de jazz quand il était jeune et puis ensuite davantage de classique. J'étais particulièrement sensible, et depuis tout petit, à la musique. Le mode de vie de mes parents a aussi certainement joué dans cette transmission. Ils ont vécu de manière assez libre, en se permettant pas mal de choses. Et ils m'ont toujours encouragé à suivre ma voie, à suivre ce chemin artistique...

Vous vous impliquez tous les deux dans cet hommage, l'un en proposant une exposition au sémaphore de Lesconil pendant les quinze jours, l'autre avec une soirée jazz...
Clet Abraham : Oui, je fais venir quelques unes de mes oeuvres (une dizaine de panneaux de signalisation détournés, ndlr) de Florence. Mais je ne pourrai pas être présent pour l'inauguration. Je ne reviens que le 28 juin. Je laisse carte blanche au Consulat pour organiser l'expo.. 
Clément Abraham : Le premier juillet, à la salle de l'Amicale laïque de Lesconil je présenterai mon dernier album (Turn Around, ndlr) en quartet (photo ci-contre quartet en studio, © Patrik Criquet) qui peut varier dans sa configuration. Pour cette soirée, je serai accompagné de Ferjeux Beauny au saxophone, Thierry Chabenat au vibraphone et Sylvain Didou à la contrebasse. Le disque a été enregistré et mixé en janvier dernier. C'est l'album le plus abouti. J'avance en tant que compositeur et en tant que batteur. 


 

Pratique :
La mer monte Abraham !
Expositions, lectures, projection et concert autour de Jean-Pierre Abraham
Lesconil - Plobannalec
Du 17 juin au 2 juillet 

Pour consulter le programme en détail, cliquez ici.

Pour participer à la cagnotte en ligne pour faire vivre l'événement culturel, cliquez là.

 
 le 10.06.2017 à 23 h 36 - mis à jour le 11.06.2017 à 20 h 50 Réagir : Partager :        
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