Les ultra-conservateurs américains reprochent à la réalisatrice franco-sénégalaise Maïmouna Doucouré de promouvoir la « pédopornographie » aux États-Unis avec son film « Mignonnes », diffusé sur Netflix. À deux mois de la présidentielle, ce long-métrage, qui dénonce l’hypersexualisation des jeunes filles, mobilise la droite américaine et les pro-Trump.

La réalisatrice franco-sénégalaise Maïmouna Doucouré se retrouve malgré elle au cœur d’une vive polémique aux États-Unis. À 35 ans, la cinéaste qui a emporté le prix de la meilleure réalisation au festival de Sundance pour son premier long-métrage, « Mignonnes », fait l’objet de violentes attaques de l’extrême droite américaine depuis la sortie de son film sur Netflix le 9 septembre.

« Mignonnes », traduit dans sa version anglaise par « Cuties », raconte l’histoire d’Amy, une fillette parisienne de 11 ans, à l’aube de son adolescence. La jeune fille rêve d’intégrer un groupe de danse, formé par trois autres gamines de son quartier, dont les chorégraphies sont parfois suggestives, à l’instar de nombreuses stars de la pop actuelle.

Le film, qui dénonce l’hypersexualisation de la société à laquelle sont confrontées ces pré-adolescentes, est accusé outre-Atlantique de faire la promotion de la « pédopornographie ».

Tenues moulantes et poses lascives

Projeté dans les cinémas français à la mi-août, « Mignonnes » n’a pas fait de telles vagues en France. C’est l’affiche de Netflix – sur laquelle Amy et ses copines sont photographiées en tenues moulantes et dans des poses lascives – qui a mis le feu aux poudres, fin août, au moment de la promotion aux États-Unis.

Un visuel bien différent de celui utilisé au même moment en France, où l’on voit les mêmes jeunes filles se promener dans la rue en lançant des confettis. Accusé par des internautes de promouvoir la pédophilie, la plate-forme a rapidement fait profil bas. « Nous sommes profondément désolés pour le visuel inapproprié que nous avons utilisé pour Mignonne/Cuties », précise l’équipe de Netflix sur les réseaux sociaux. « Ce n’était ni bien, ni représentatif de ce film français récompensé au festival de Sundance. Nous avons modifié l’affiche et la description [de l’œuvre] ».

Trop tard. La machine Twitter s’est déjà emballée. Trois semaines plus tard, plus de 200 000 tweets sont utilisés avec le mot-dièse #CancelNetflix (supprimer Netflix), ce qui en a fait même le premier « hashtag » mondial sur Twitter le 10 septembre.

Récupération politique en pleine campagne présidentielle

Très vite, les conservateurs américains se sont emparés du débat. Des personnalités politiques, membres du Parti républicain dont certains sont candidats au Congrès, dénigrent le film français. « La pornographie juvénile est illégale en Amérique », tweete ainsi DeAnna Lorraine, qui fut candidate républicaine en Californie pour un siège à la Chambre des représentants.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *